
Après une petite matinée marché et un repas Créole typique, nous sommes allés sur la côte Est Atlantique au François où les Sargasses ont l’habitude depuis quelques années de jeter leur dévolu sur les plages. Ces microalgues brunes sont équipées de flotteurs naturels qui leur permettent de coloniser la surface de la mer et de s’y multiplier. Elles peuvent ainsi envahir des dizaines de kilomètres de littoral et leur décomposition une fois sur le rivage occasionne des risques pour la santé.Quelques explications !
Pour bien comprendre phénomène sargasses, il faut remonter à son origine. Les sargasses étaient d’abord localisées dans le nord de l’Atlantique, mais elles se sont déplacées vers le Sud entre Amérique latine et Afrique. Elles ne sont pas nouvelles dans les Antilles, où elles investissent le littoral depuis 2011 où elles arrivent à masse sur les côtes de Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy.
Plusieurs hypothèses peuvent expliquer ce phénomène : les alizés et les courants qui font des tapis roulant aux algues, il y a aussi les apports de l’Amazonie en nitrates et phosphates avec la surexploitation agricole, voire le réchauffement de l’eau.
Si ces algues en elle-mêmes ne sont pas toxiques quand elles sont vivantes dans l’eau, une fois échouées sur la plage, elles meurent . C’est là que des dégagements importants de gaz se créent lors de leur putréfaction, notamment du sulfure d’hydrogène. Cela provoque des nuisances olfactives, l’odeur est vraiment terrible. Plus grave au niveau sanitaire des risques d’infection aux yeux et aux voies respiratoires ne sont pas négligeables. Pour le tourisme bien sûr il est aussi forcément impacté ce qui n’arrange rien en ce moment ! Pour l’instant en ce mois de Juillet, même si les sargasses sont bien présentes sur l’île, les plages ne sont impactées que dans le Sud Est de l’île et dans une moindre mesure. Mais au large des bancs arrivent bientôt et sont d’ailleurs bien surveillés, des cartes sont même mise à jour très régulièrement.
Bien évidement les sargasses sont toujours mal perçues mais on peut aussi réagir par opportunité, ne pas s’évertuer à les ramasser en vitesse comme le propose le gouvernement pour les mettre on ne sais où ! On peu s’en servir comme engrais, de terreau , fabriquer du bioplastique, du papier, des briques pour la constructions ou encore créer des outils de dépollution notamment après avoir chauffé la sargasse à haute température qui par son charbon actif pourrait être efficace pour fixer les molécules de chlordécone, cet insecticide dangereux utilisé de 1972 à 1993, qui est l’autre fléau des Antilles. La valorisation peut susciter bien des projets mais visiblement en Martinique c’est compliqué de les mettre en œuvre … sûrement par manque de finances bien gérées !… Mais il faudra bien qu’un jour, les autorités fassent aboutir les idées au risque de vraiment polluer les petites Antilles . Au fond une affaire de science et de business !
Notre réflexion sur les sargasses est un peu orientée . Elle est la conséquence de discussions que nous avons eu avec les habitants de l’île… mais c’est bien parfois de prendre une position qui peut bien évidement être comparées à d’autres dont nous ne maîtrisons pas forcément les éléments… tout ça est un peu politique mais tellement dans l’air du temps !
Nous voilà ici depuis une semaine à présent, nous avons découvert et ouvert grand nos yeux. Il nous reste à concrétiser encore presque trois semaines pour revenir avec une bonne idée de ce qu’est la Martinique. Même si l’île est petite, elle regorge de choses inconnues pour le demi CD 4 que sont Pierre et Adri !
Pleins de pensées pluvieuses ( encore un peu de pluie aujourd’hui) et surtout ensoleillées !!!
Nous 4 !














